Premiers jours à Santiago…

Le verdict était rendu ; la responsable des Relations Internationales de l’Université Catholique de l’Ouest d’Arradon (Morbihan) m’annonçait le vendredi 10 décembre 2010 dans la salle 201 à 10h16 et 32 sec que je serai l’heureux élu qui partira six mois au Chili faire son cinquième semestre de Licence Sciences de l’Information et de la Communication. À vrai dire je ne m’en souviens pas le moins du monde de la date ni du lieu, ce que je sais c’est que ma première réaction fut la suivante :

– « J’avais demandé l’Argentine en premier choix… », baissant la tête d’un air un peu dépité.

– « Un meilleur dossier que le tient a été sélectionné. », me regardant droit dans les yeux.

Comment aurais-je pu oublier cela ? Nous ne sommes que des dossiers, représentés par des chiffres précédés de la lettre E signifiant « Étudiant », classés par ordre alphabétique à la rentrée et par ordre de « mérite » en fin d’année, pour être enfin archivés pendant des années dans des placards poussiéreux.

Santiago et la Cordillères des Andes

Mais après tout le Chili c’est : tout près de l’Argentine, des vagues de classes mondiales, des stations de ski à 30min de la capitale, le Désert d’Atacama au Nord, la Terre de Feu au Sud, des treks dans la région des Lacs. Et j’allais oublier, une Université Finis Terrae de haute renommée dans le pays de Pablo Neruda (dédicace aux Nantais qui prennent le tramway !!). Banco ! Je signe.

Dimanche 24 juillet, 23h50 / Couëron : Saut dans le temps, derniers préparatifs du sac ou plutôt des sacs et de la valise… Skateboard, combinaison néoprène chaude (4/3 chest-zip avec cagoule Quiksilver, pour les connaisseurs…), boardshorts, lunettes de soleil, crème solaire, Nikon D90, Mac Book Pro, veste de ski,… Me voilà paré à affronter un semestre d’études chiliennes !!

Lundi 25 juillet, 6h30 / Aéroport de Nantes : La douce voix aérienne de la speakrine résonne dans les halls de l’aéroport de Nantes à peine réveillé (pour mieux se rendormir d’ici six ans…) : « Les passagers du vol IB8545 à destination de Madrid sont priés de se rendre à la porte d’embarquement… » Dernières embrassades avant janvier 2012 et les contrôles d’identités s’enchainent jusqu’au décollage.

9h10 / Aeropuerto de Madrid-Barajas : Prochain avion à destination de Santiago du Chili : 23h55 ! La journée s’annonce longue. Twitter, Facebook, mobile, L’Équipe, Surf Session, magasins détaxés, re-Twitter, re-Facebook, re-mobile,…enfin vous avez compris. Au bout de 14h et 45min je respire à plein poumon une dernier fois le « bon air » européen et grimpe dans cet oiseau de fer.

(Je vous passe le voyage en avion, vous avez surement déjà connu cela…)

El Patio Suizo, Avenida Candell, Providencia, Santiago

Mardi 26 juillet, 7h50 / Aeropuerto Internacional Comodoro Arturo Merino Benítez : Je pose enfin le pied sur le territoire chilien plantant le drapeau tricolore avec sentiment de devoir accompli similaire à celui d’Armstrong lorsqu’il a joué sa première note de trompette ou que son père lui enleva les roulettes de sa bicyclette (déjà aidé par des transfusions sanguines ou autre EPO cela dit…) Premier constat il fait froid (0°C), les paysages sont magnifiques et je suis tout seul… Aaaaaaah ! Tout s’enchaine très vite ou presque : contrôle des douanes, Européens d’un côté, citoyens du continent américain de l’autre, premiers pesos chiliens en main, récupération des bagages (1h30 d’attente pour découvrir un sac à dos ouvert de tout son long et une planche de skate toute rayée…), re-passage par la douane et confiscation d’un brugnon et une d’une peau de banane jugés trop « dangereux pour la faune chilienne », taxi-bus, et là premier dialogue avec les « autochtones » :

-« Ding-Dong »

-« Ja, El Patio Suizo… »

-« Sí I’m Francés… Euh soy French… Rooh je suis Français et… »

-« Genau ! »

Surprise, les Chiliennes parlent allemand et sont blondes ! Il s’agit en fait d’un couple de la « mafia suisse allemande » dixit le Routard qui s’est installé dans une petite maison du quartier de Providencia (celui où je chercherais un logement au prochain épisode !!).

À peine le temps de faire connaissance avec mes charmants hôtes et de faire un brin de toilette que je suis déjà en immersion totale avec les skateurs locaux dans un des seuls skateparks (Parque Bustamante) du pays. Il s’avérera plus tard que malgré mes difficultés à me faire comprendre, communiquer avec ces fans de Trasher ou La Tabla (magazine de skate chilien) est bien plus facile que de négocier un loyer de collocation… La passion peut être.

Skatepark Parque Bustamante, Santiago

Je m’arrête là pour aujourd’hui, plus de batterie, le froid commence à engourdir mes doigts, le jet-lag est encore dans le corps… J’aurais pu vous en racontez bien plus, mais j’ai envie de vous dire : « C’est ma life ! » Et promis la prochaine fois les photos seront de moi et il y en aura plus.

Programme jusqu’à lundi (reprise des cours) :

  • Rendez-vous avec la directrice d’études de l’Universidad Finis Terrae (en espagnol bien sur)
  • Collectionner les visites d’appartements jusqu’à trouver le bon lieu avec les bonnes personnes (je me laisse jusqu’à fin janvier pour trouver !)
  • Grimper en haut de la cerro San Cristóbal (880m) qui surplombe la capitale
  • Faire du snowboard (et dire qu’il aura fallu que j’aille au Chili pour en faire)
  • Se servir de sa combinaison dans la WaveHouse de Santiago (rassure toi maman je n’ai pas encore prévu de trip surf dans le Pacifique…)
  • Prendre des photos de tout ce que je vais faire.
  • Organiser son nouvel an au Cap Horn avec un pote de maternelle…
PS : Il reste trois tirets à vous de jouer !
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6 réponses à “Premiers jours à Santiago…

  1. On constate que le froid ne t’a pas engourdi les neurones!! A peine arrivé tu nous fais un récit passionnant!
    On attend la suite…en espérant que tu trouves rapidement de bons collocs!
    Buena entrada escuela!

    Familia Pedro

  2. Encantado mon Petito Polo,

    L’âme du Journaliste et la plume de l’écrivain sont là, toutes deux réunies. Belle surprise de découvrir un Carnet de voyage professionnalisé et je m’en délecte de chaque paragraphe telle un conte qui nous est raconté par un de nos vieux patriarches. Continue ainsi, diraient-ils…

    Camilo Alonso-Perez de la Véga con los ojos marrones de la terra de Malaga a proximidad de Cadix

  3. Ola señor Pelo,
    Tu t’es bien gardé de nous faire part de l’existence de ton journal intime. Je notes ta qualité d’écriture acquise lors de matchs passionnants « Sautron- Les Sorinieres ». Enfin tu te lances dans le monde du snowboard après tout ce temps perdu à faire du ski de fond dans le jura. J’espère que tu auras le temps de tester cet combi 4/3 avec cagoule intégré dans des conditions extrêmes (N’en déplaise à Catherine), tu m’en dira des nouvelles.
    J’attend avec impatience ton prochain billet,

    Hasta luego Amigo.

    Séb.

  4. Hello amigo Polo!
    If I comprendo pas trop mal, je devrais utiliser le mélange de ces trois langues pour que tu me comprenne. Content de voir le récit de tes aventures! Une porte de sortie à cette vie trépidante couëronnaise qui me laisse sans mots. Profites bien de ces moments qui ne sont que le début de tes aventures, je n’ai aucun doutes qu’un jour tu sera au pouvoir de la partie voyage de surfsession qui t’amènera dans d’autres contrés lointaines.
    A plus mon polo…

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